A ceux qui me connaissent bien je n'ai pas besoin de redire comment reconnaitre que l'on est en Bretagne, pour les autres, sachez que la Bretagne se reconnait avec le nez !
En Bretagne, ça sent l'huitre (c'est ce que je dis, certains m'ont suggéré que ce sont les algues, mais je suis sur que il y a plus d'huitres que d'algues, j'ai compté ! ), principalement sur les
plages mais, au coeur de cette région si particulière, les centre-villes et même l'intérieur des maisons sentent pareil, alors plus vous sentez l'huitre, plus vous êtes en Bretagne (pour moi La
Rochelle est donc la limite sud de la Bretagne et un bar à huitre sa capitale), CQFD !
Le Victoria est donc un détachement breton d'Outre-mer !
Après l'ile des manchots bleus et petits, nous sommes allés nous promener sur La Great Ocean Road, partie de la route costière reliant Adélaide à Melbourne, et contant nombre de falaises
déchiquetées, de criques ventées et de point de vue époustouflants de ressemblance avec l'Ecosse ou les terres d'Irlande.
Cette Great Ocean Road, precisemment, relie les villes de Torquay, à l'Est à Warnambool, 253 km à l'Ouest ; le portique d'entrée à Torquay et une structures très simple construite en poteaux de
téléphone !
En 1983, un incendie énorme a brulé les 3/4 de l'état du Victoria et donc l'ancien portique datant de la création de la route (entre les deux guerres mondiales, pour occuper les soldats) a brûlé
avec le reste ; les poteaux de téléphone n'avaient pas été réduits en cendres car ils étaient taillés dans un bois très dûr et résistant au feu, le Red River Gumtree (le gommier rouge qui pousse a
coté des rivières) et donc pour commémorer cet incendie en plus de la route, ils ont récupéré les poteaux et fait un étrange portique avec.
La route en elle même est composée de trois parties :
- la
Surfers' Coast : la première section de la route et notamment connue pour ses "spots" de surf, réputés pour être le lieux de naissance du monde
du surf tel qu'on le connait aujourd'hui.
Torquay est la ville ou
toutes les marques d'anthologie sont nées et ont leur siège (tels que Quicksilver et Rip Curl) et sur la côte on croise Bell's Beach, la plage de surf la plus connue au monde et la plus
anciennement colonisée religieusement pour ce qu'elle représente.
Le coté nature sauvage, violente et reculée où à une époque, des gens ont cru qu'une tradition séculaire des iles du pacifique allait pouvoir se transformer en une machine commerciale gigantesque,
véhiculant des valeures sportives, environnementales et de libertés, avec le succès qu'on leur connait !!
- La deuxième section de la côte est appelée, la
Green Coast. Cette partie là est donc connue pour son aspect verdoyant et son parc national : le
Great Otway National Park. Dans cette région du monde, se concentre les dernières forêts pluviales, datant de l'époque préhistorique et recelant des trésors botaniques, preuves de l'évolution des
espèces végétales et si l'en est, de l'immortalité des plantes si elles ne sont pas mises en danger.
Dans ce coin protégé de toute activité humaine trop invasive on trouve également des koalas à l'état sauvages que vous pourrez voir en
photos, et de nombreux wallabies, ces derniers étant trop malins et discrets pour s'approcher des humains en pleine journée
!
Rappelons au passage qu'à l'époque des supercontinents, la Terre n'a d'abord eu à sa surface, qu'un seul continent :
La Pangée. Cette Pangée s'est séparée en deux : la Laurasia (Grosso modo Europe, Asie, Amérique du Nord, UK, Islande, Groenland) et le Gondwana (Amérique du Sud, Afrique, Inde,
Australie, Nouvelle Zélande, Antartique).
Enfin ce Gondwana s'est scindé en plusieurs morceaux et les parties qui ont le moins subis de changements radicaux de latitude, suite à la dérive des continents, de chocs telluriques dûs au
mouvements tectoniques ou de drames écologiques, rapport au chutes de météorites, érections des montagnes ou ce que vous voulez, se trouvent aujourd'hui en Australie majoritairement ; c'est
pourquoi vous trouverez plusieurs espèces préhistoriques encore présentes (mon manque de connaissance en botanique vous invite à rechercher par vous mêmes, mais je peux tout de même attirer votre
attention sur le cas du
pin Wollemi).
Vous pourrez voir dans les photos, des fougères arborescentes de plusieurs mètres de haut, alors qu'elle ne poussent que de quelques millimètres par an !! Ce qui vous donne une idée de l'âge
de cette partie du monde...
- Nous avons terminé notre cheminement sur cette route mythique, par la troisième et dernière partie : la
"Shipwreck Coast" ou côte des naufrages .
Cette côte comme son nom ne l'indique pas est connue pour son merveilleux paysage enneigé durant toute l'année et ses lutins vendeurs de glace au poireaux..........vous croyez vraiment tout ce que
vous lisez ??
Les navires, arrivant du vieux monde pour ravitailler les colonies florissantes de Melbourne ou Sydney en produits manufacturés, animaux d'élevages ou contingents d'esclaves frais, longeaient la
côte du continent, après la rude descente de l'Afrique et la traversée de l'Océan Indien, et profitaient de la protection du continent pour apprécier la dernière partie du voyage, relachant leur
vigilance. Cependant, passé Adélaïde, vous arrivez dans la zone du
détroit de Bass (détroit séparant
la Tasmanie et l'Australie) et de ses hauts fonds, parsemés d'écueuils et de rochers affleurant ;
Il y a environ 20 000 ans environs, les aborigènes ont colonisé la Tasmanie par ce biais, c'est dire si les fonds sont hauts !
Par ailleurs, sur cette côte Sud, des changements de temps très rapides et imprévus (jusqu'à très récemment) arrive du Sud, d'Antartique et il n'y a pas grand chose pour arrêter les dépressions
!
De nombreuses histoires de naufrages,restent dans les mémoires et les écrits historiques.
Vous verrez
les photos des 12 apôtres (formations rocheuses calcaires, appelées avant La
truie et ses porcelets, mais comme ce n'était pas vendeur, le gouvernement a changé dans les années 50), de la baie des martyres, et du Loch Ard Gorge.
Pour clore cet article, je vous raconte le naufrage du Loch Ard Gorge ;
j'ai mis mon tricorne, j'ai mon perroquet sur l'épaule et mon bandeau sur l'oeil, vous êtes prêts les enfants :
Nous sommes à la fin du mois de mai 1878, le Loch Ard,
clipper anglais, arrive en vue de la dernière
portion des côtes de la Nouvelle Gales du Sud (au début il n'y avait que
deux
états en Australie, pas de Victoria donc). Le voyage, qui a duré environ trois mois, s'est avéré plutôt rapide et sans problèmes ; habituellement le passage des côtes occidentales de l'Afrique,
le cap de Bonne Espérance et la traversée de l'océan Indien, regorgent de tempêtes et de problèmes de vents (trop ou pas assez) ralentissant la progression.
Le capitaine, après avoir passé Adélaïde, sachant qu'il ne reste que deux jours de navigation qui s'annoncent calmes, décide de réduire son équipage au minimum. Dans la nuit du 1er Juin, de la
brume de mer très épaisse enveloppe le bateau complètement, ce qui ne déstabilise pas le capitaine, habitué à naviguer au
sextant. Après plusieurs essais d'orientation, étranges et
non concordant (les premiers depuis le départ d'Angleterre), le capitaine comprend, que la coque renforcée d'acier, qui est une nouveauté dans la marine anglaise, perturbe les instruments et se
voit obliger de naviguer à l'aveugle.
Il appelle tout l'équipage restant sur le pont, avec pour ordre de chercher à l'oeil nu tout ce qui pourrait permettre de se répérer dans la gangue de brume. La vigie est à son poste et le
capitaine décide mettre un cap arbitraire, en rapport de ces observations passées ; il doit naviguer au Sud-Est et se dirige en fait au Nord Est......
La vigie hurle et l'équipage se rend compte que des rochers sont à moins de cinquante mètres. L'ordre est donné de jeter les ancres à la mer, du même côté, pour permettre, en créant un point fixe
au fond, au bateau de pivoter d'urgence. Les ancres heurtant le socle rocheux trop proche, s'emmêlent. Le bateau ne peut plus pivoter. Il est trop tard !
Des 51 passagers à bord, seuls 2 survivent : un apprenti et une jeune écossaise de bonne famille.
Le jeune Tom Pearce, s'échoue sur la plage et après avoir retrouvé ses esprits, entends des cris. Il plonge et porte secours à la jeune Eva Carmichael, qui s'est accrochée à un poulailler, servant
maintenant d'embarcation de fortune. Tous les deux, une fois sur la terre ferme, se réfugient sous un surplomb rocheux et pour étancher leur soif, boivent : du rhum !
Se reveillant à la tombée de la nuit, encore plus assoiffés et transis de foid, Tom décide de grimper la paroi enserrant la plage pour trouver du secours.
Une fois arrivé à la hauteur des pâturages, la chance lui sourit et il voit la lumière d'un feu de camp, entourés de bergers, qui, loins de leur exploitation (plus de 50kms) bivouaquent.
Les jeunes seront secourus, ramenés en ville et non, ne se marièrent pas, ni n'eurent beaucoup d'enfants : Eva Carmichael retourna en Ecosse pour habiter chez sa tante (toute sa famille était dans
le bateau) et le jeune apprenti reprit sa carrière, pour mourir noyé dans un autre naufrage, avec son frère l'année d'après.
Morale de l'histoire (il y a toujours une morale dans les vrais histoires) : l'eau c'est dangereux, il faut laisser ça aux poissons et à leur nourriture (les surfeurs par exemple).
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